Contribuer à la décarbonation à grande échelle : connecter les briques d’une transition énergétique intégrée

19/06/2026

À mesure que la transition énergétique s’accélère, des solutions telles que le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CCUS), l’hydrogène ou encore les e‑carburants passent du stade d’ambition à celui de déploiement sur les marchés mondiaux. Les technologies gagnent en maturité et l’activité industrielle s’intensifie, mais leur passage à plus grande échelle repose désormais sur un enjeu plus complexe : la capacité à structurer, financer et connecter des projets sur l’ensemble de la chaîne de valeur, dans un environnement encore marqué par des cadres réglementaires en évolution, des risques technologiques et des incertitudes de marché.

 

Regards d’experts de Société Générale mobilisés sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

De la capture au transport, au stockage et à l’usage final, la décarbonation industrielle nécessite l’alignement de multiples briques interdépendantes, souvent sur plusieurs zones géographiques et secteurs. « Nous avons dépassé le stade des projets pilotes. L’enjeu est désormais de construire des modèles évolutifs et reproductibles », souligne Christophe Hadjal.

La décarbonation ne peut plus être abordée en silos. Elle exige une approche intégrée, reliant différentes briques technologiques et industrielles au sein de systèmes coordonnés. « La création de valeur réside dans les connexions : le transport, la transformation et les usages doivent être pensés conjointement », ajoute Vincent Caufourier.

CCUS : bâtir une nouvelle colonne vertébrale industrielle

Le captage et le stockage du carbone connaissent un essor rapide, en particulier dans les grands bassins industriels. Les infrastructures permettant de capter le CO₂ des principaux émetteurs industriels se développent, contribuant à structurer le marché du CCUS et à renforcer sa capacité à attirer des financements.

Le cluster de Teesside au Royaume‑Uni - premier projet de CCUS à grande échelle financé - a marqué une étape clé. « À Teesside, Société Générale est intervenue en tant que conseiller financier, arrangeur principal et fournisseur de solutions de couverture, contribuant à lever environ 8 milliards de livres sterling », explique Michael de Witte. « Ce projet a marqué un tournant en démontrant que le CCUS pouvait atteindre une véritable bancabilité. »

Si la majorité du CO₂ capté est destinée à être stockée de manière permanente, le développement d’infrastructures pour son transport et son stockage favorise également l’émergence de marchés de valorisation du CO₂. Ces nouveaux débouchés soutiennent la production de nouveaux produits et la création de sources de revenus complémentaires.

L’attention se porte désormais sur les modèles économiques et l’agrégation des volumes, des conditions essentielles pour changer d’échelle. « Des volumes plus importants permettent de réduire les coûts par tonne et d’ouvrir de nouveaux cas d’usage », note Michael de Witte.

Hydrogène : un levier pour les secteurs difficiles à décarboner

L’hydrogène s’impose comme un levier clé pour décarboner des secteurs où l’électrification reste difficile. Il apporte des solutions adaptées aux procédés industriels nécessitant de hautes températures, notamment dans la chimie et les métaux, ainsi que dans l’aviation ou le transport maritime. Son intégration dans les réseaux de gaz existants constitue également un levier de décarbonation. 

Pour se développer, l’hydrogène doit s’inscrire dans des écosystèmes complets, associant production, transport, stockage et débouchés. Il repose aussi sur la montée en puissance de différents modes de production : hydrogène électrolytique (issu de l’électrolyse de l’eau), hydrogène vert (produit à partir d’électricité renouvelable) et hydrogène associé au CCUS (issu de ressources fossiles avec captage et stockage du CO2). « L’hydrogène n’est pas une solution isolée, mais un vecteur énergétique au service de multiples usages », rappelle Christophe Hadjal.

Société Générale est impliquée dans plusieurs projets emblématiques illustrant cette dynamique. « Sur le projet West Wales Hydrogen, nous sommes intervenus comme banque de structuration conjointe, contribuant à structurer l’un des premiers projets hydrogène disposant d’un cadre bancable, soutenu par une demande industrielle et un environnement réglementaire clair », souligne Victor Creste.

La Banque joue également un rôle central de conseil dans le développement de clusters industriels. Société Générale accompagne ainsi EET Hydrogen en tant que conseiller financier dans le développement d’une unité de production d’hydrogène à grande échelle au Royaume‑Uni associée au CCUS, au cœur du cluster HyNet. Ce projet constituera un maillon essentiel d’une chaîne de valeur intégrée, incluant transport et stockage du CO₂, réseaux d’hydrogène et infrastructures de stockage. « Ces projets illustrent que la décarbonation repose avant tout sur l’intégration industrielle », insiste Christophe Hadjal.

E‑carburants et SAF : transformer l’aviation

L’aviation demeure l’un des secteurs les plus difficiles à décarboner, en raison de contraintes structurelles telles que la densité énergétique et les exigences de sécurité. Dans ce contexte, les carburants d’aviation durables (SAF) devraient jouer un rôle essentiel dans l’atteinte des objectifs net zero.

Dans la feuille de route Net Zero de l’IATA(1), les SAF sont identifiés comme un levier majeur à horizon 2050. En Europe, la demande s’accélère rapidement sous l’effet de cadres réglementaires tels que le règlement ReFuelEU Aviation(2), qui impose un taux minimal d’incorporation de 6 % de SAF d’ici 2030 (dont 1,2 % d’e‑SAF), avec des objectifs progressifs atteignant 70 % en 2050 (dont 35 % d’e‑SAF). Cette dynamique est renforcée par les engagements volontaires de grandes compagnies aériennes telles qu’Air France‑KLM, IAG, Ryanair ou Wizz Air. « Les SAF sont appelés à devenir un pilier structurel de l’aviation plus bas carbone », estime Vincent Caufourier.

En parallèle des filières biosourcées, les e‑SAF prennent de l’ampleur. Leur production repose sur l’hydrogène vert et le CO₂ capté, illustrant les fortes complémentarités entre les différentes technologies de décarbonation. « La production d’e‑carburants montre à quel point les chaînes de valeur énergétiques deviennent interconnectées », souligne Abdelhadi Benjlil.

Répondre à cette demande croissante nécessitera des investissements industriels significatifs. Société Générale accompagne la structuration et le financement de ces projets. La Banque est intervenue en tant qu’arrangeur principal mandaté pour le financement de la première installation greenfield européenne dédiée au bio‑SAF, développée par SkyNRG aux Pays‑Bas. Cette unité utilise la technologie HEFA pour transformer des graisses et huiles résiduelles en SAF, permettant de réduire de plus de 80 % les émissions sur l’ensemble du cycle de vie par rapport au kérosène conventionnel(3).

La Banque accompagne également les porteurs de projets plus en amont. « En France, Société Générale a conseillé Elyse Energy pour le financement de la phase de développement des projets BioTJet (SAF) et eM Rhône (e‑méthanol) », indique Nicolas Lorinet. Au‑delà de ces projets emblématiques, « de nombreux projets arrivent à maturité ; les prochaines années seront décisives pour leur déploiement à grande échelle ».

Orchestrer la transition

Qu’il s’agisse du CCUS, de l’hydrogène ou des e‑carburants, les développements actuels montrent que la décarbonation repose sur des chaînes de valeur interconnectées. Elle nécessite une approche globale couvrant l’ensemble des étapes, ainsi que de solides capacités d’exécution et de financement. « La transition énergétique sera plurielle : une solution unique ne suffira pas », conclut Christophe Hadjal.

Dans ce contexte en mutation, le rôle des institutions financières évolue. Au‑delà du financement, elles contribuent à structurer des écosystèmes, sécuriser des modèles économiques et accélérer le déploiement industriel dans les régions.
 

Chez Société Générale, nous accompagnons nos clients sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la transition énergétique. En combinant expertise sectorielle et capacités de financement, nous proposons des solutions innovantes et bancables au sein d’écosystèmes bas carbone. Dans le cadre de chaînes de valeur émergentes et complexes, nos équipes collaborent de manière étroite et coordonnée afin d’assurer une intégration fluide entre chaque maillon.

Du captage et stockage du carbone à l’hydrogène et aux e‑carburants, nous mettons en relation technologies, marchés et parties prenantes pour favoriser une décarbonation à grande échelle. En tant que partenaire financier de confiance, nous accompagnons nos clients à chaque étape de leur développement et de leur transformation vers un futur plus bas carbone

Nos experts :

 Christophe Hadjal, Responsable Energie, Mines et Industries – Paris
 Vincent Caufourier, Responsable activité de conseil secteur aviation
 Michael de Witte, Director - Energie, Mines et Industries
 Victor Creste, Director - Energie, Mines et Industries
 Abdelhadi Benjlil, Managing Director - Energie, Mines et Industries
 Nicolas Lorinet, Director - Energie, Mines et Industries