Financer la restauration des écosystèmes à travers les États-Unis

17/06/2026

À mesure que les enjeux climatiques s’intensifient, les infrastructures et les banques de compensation environnementales deviennent des leviers importants pour contribuer à protéger et préserver la biodiversité. La participation de Société Générale au financement de Naturion illustre la manière dont les banques de compensation peuvent orienter les capitaux vers des solutions fondées sur la nature, et générer un impact environnemental mesurable.

Aux États-Unis, les cours d’eau, les zones humides et les marécages forment des écosystèmes interconnectés, qui abritent une riche biodiversité sous une végétation dense et dans de vastes milieux adaptés à l’humidité. Cependant, selon le US Fish & Wildlife Service, le développement de l’agriculture des zones rurales et urbaines ont entraîné la disparition de plus de 50% des zones humides américaines au cours des derniers siècles. Avec pour effet de réduire les fonctions écologiques essentielles telles que la filtration de l’eau, la prévention des inondations et la préservation des habitats, et d’affaiblir l’une des défenses naturelles les plus efficaces face aux événements météorologiques extrêmes et au changement climatique.

Infrastructures et banques de compensation environnementales

Les infrastructures environnementales contribuent à réguler naturellement les crues, à améliorer la qualité de l’eau, à réduire l’érosion et à renforcer la biodiversité, autant de bénéfices quantifiés et vérifiés par le Corps du Génie de l’armée américaine (US Army Corps of Engineers). Les servitudes de protection environnementale et les fonds de préservation à long terme permettent de préserver les habitats et les puits de carbone pendant plusieurs décennies.

Alors que les pressions sur l’environnement s’intensifient, les banques de compensation environnementale sont devenues, parallèlement au développement des infrastructures environnementales, une solution clé dans le cadre du Clean Water Act américain de 1972. En générant des crédits compensatoires que les développeurs d’infrastructures et d’autres porteurs de projets doivent acheter avant d’obtenir leurs permis de construire, ces projets contribuent à restaurer et préserver les zones humides et les cours d’eau à travers le pays, conformément à la politique de « no net loss » des zones humides mise en place en 1989 pour lutter contre la perte d’habitats.

Accompagner le développement de Naturion aux Etats-Unis

Parmi les leaders du marché de la compensation environnementale figure Naturion, une entreprise d’infrastructures environnementales spécialisée dans la restauration de zones humides dégradées aux États-Unis. Depuis sa création en 2019, Naturion a porté son portefeuille opérationnel à 166 projets de compensation environnementale répartis dans 25 États. L’entreprise a ainsi protégé 29 150 acres (près de 118 00ha) de zones humides, soit une superficie supérieure à celle de 30 Central Parks à New York.  Elle a par ailleurs restauré 1,42 million de pieds linéaires de cours d’eau (soit environ 430 km), l’équivalent de la distance entre New York et Washington. Naturion prévoit d’accélérer sa croissance dans les prochaines années, avec pour objectif d’étendre son portefeuille à plus de 40 États et à plus de 250 projets d’ici 2028. * Source: Naturion

Pour accompagner son développement, Société Générale a récemment participé à un prêt à terme à tirage différé (delayed draw term loan ou DDTL) de 60 millions de dollars destiné à financer la construction d’un nouveau portefeuille de banques de compensation environnementale. Ce financement soutiendra le développement et l’acquisition de banques de compensation pour des projets pour les cours d’eau et les zones humides, permettant de compenser les impacts environnementaux de projets d’infrastructures, notamment des routes, des ports, des terminaux GNL, des centrales électriques et des centres de données.

« Nous sommes reconnaissants que Société Générale rejoigne le groupe de structuration dans cette opération de financement inédite », a déclaré Justin Mondshine, directeur des investissements de Naturion. « Cette facilité confirme ce que nous défendons depuis longtemps : lorsqu’elle s’appuie sur des autorisations rigoureuses, une conception fondée sur la science et une demande durable en crédits, la restauration des écosystèmes constitue une infrastructure de qualité institutionnelle. Le partenariat avec une banque mondiale du calibre de Société Générale accélère notre capacité à déployer des projets de restauration à l’échelle qu’exigent ce marché — et l’environnement. »

Aider les clients à inclure la nature dans leurs stratégies de transition et d’adaptation

Cette opération s’inscrit dans la continuité de la présence de Société Générale sur le marché plus large des crédits environnementaux et renforce la dynamique du Groupe en matière de financements fondés sur la nature, notamment le récent lancement d’un partenariat financier et opérationnel dédié aux solutions fondées sur la nature avec Ardian. L’an dernier, la banque a participé au financement de 210 millions de dollars en faveur du projet Sustainable Restoration Chestnut Carbon, conçu pour transformer des terres agricoles improductives en forêts biodiverses. En s’appuyant sur ses compétences intégrées en matière de dette et de capital, Société Générale renforce sa capacité à aider ses clients à intégrer la nature dans leurs stratégies de transition et d’adaptation.

« Ce financement en faveur de projets de restauration des écosystèmes montre comment les solutions fondées sur la nature peuvent être structurées en une classe d’actifs crédible, attractive pour les investisseurs et finançable pour les banques. Nous sommes fiers de travailler aux côtés d’un acteur établi du secteur pour accompagner la préservation des habitats et des écosystèmes, et de contribuer à l’essor du marché croissant des infrastructures environnementales », a déclaré Valentine Sallettaz, co-responsable de l’équipe Infrastructure, Digital and Technology chez Société Générale Americas.

Marie Clara Buellingen, responsable de la finance durable chez Société Générale Americas, a ajouté : « Les banques de compensation environnementale représentent une opportunité structurellement attractive, soutenue non seulement par la montée des préoccupations environnementales liées à la perte de biodiversité et à la dégradation écologique, mais aussi par une demande soutenue et croissante du marché. Ce financement illustre la manière dont nous accompagnons nos clients pour transformer les défis environnementaux en opportunités finançables à grande échelle. »